Nicolas H Muller parle souvent à demi-mot.
Comme si trop en dire figeait le propos et cristallisait par trop le sens.
Il préfère laisser ouverts les champs de lecture et construire ses expositions
comme on parcourt le labyrinthe quand on le traverse.
Les œuvres présentées dans ce contexte d’atelier,
réalisées en Italie où Nicolas H Muller vit et travaille actuellement,
s’orchestrent autour d’une forme de narration qui se tisse.
Une proposition d’accrochage dans un espace de travail
qui est aussi lieu de vie, où il est question d’Italo Calvino,
du squelette de la Joconde, du romarin et d’autres histoires florentines.
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Nicolas H Muller relates to the space and context that surround him,
and each site becomes a pre-text and a source of his experiences and works.
He has drawn significantly from the history, art, places and experiences of the city
of Florence, where he currently is located. He means to establish links
with the pre-existences, articulating the relationship between art
and life according to a register free from any academism, yet with constant attention
to the form. Watchful and attentive Nicolas anticipates perceptions,
which he leaves unhindered from any patterns. His tries are always directed
to the creation of possible links between gestures and environment,
to highlight those when they occur into thoughts, which diverts from the object and its image.
Would you marry me? is the confirmation rather than the request for a relationship:
the project contains a desire to relate to the otherness – spaces, legacy,
inter-objecting dynamics… – and with the present context.
It becomes the means of sharing with the public, who, often disoriented
by pronounced/evident tricks and games, becomes an active part of the experience.
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Trois cercles en lévitation surplombent des tortues alors que, dans la nuit,
des hommes découpent du métal à l’aide d’un chalumeau.
Pendant ce temps, Nicolas Henri Muller construit un cimetière,
une chambre froide devenant contenu, comme encadrée par les éléments qu’elle recèle,
limbes accordant l’éternité à des pièces contextuelles et périmées.
Par leur lien avec le passé – et peut-être le futur – elles ne cessent d’interroger le présent.
Mais, « pour se trouver là, il faut être déjà mort ».
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avec Guillaume Alimoussa
«Pour cette première exposition à La GAD et leur première collaboration,
Guillaume Alimoussa et Nicolas H Muller vont travailler par rapport à l’espace même.
Plutôt que de basculer ou de déplacer des éléments extérieurs dans la galerie,
c’est bien celle ci qui servira à la fois de médium, de motif et de lieu de monstration.»
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David Roth (Autriche) et Kamen Stoyanov (Bulgarie) arrivent de Vienne. Même si on pourrait le penser lors d’un rapide passage dans l’espace, leur travail ne parle pas du parachutage de deux jeunes artistes le temps d’une exposition à Paris. Ni d’ailleurs d’une certaine identité nationale (les drapeaux de David Roth, la rencontre des tours Eiffel de Paris et de Rousse en Bulgarie de Kamen Stoyanov). Leur recherche s’oriente bien plus autour de la question de l’image. De sa représentation. D’une manière de peindre et de faire des choses. En jouant avec l’état réel existant d’objets et en les faisant glisser vers “autre chose”. En deux exemples. Partant des trois couleurs nationales Autrichienne – Bulgare – Française, David les mixe afin d’obtenir des monochromes (travail d’une précision mathématique pour identifier et recréer les couleurs moyennes vraiment exactes). Kamen, lui, après avoir trouvé un dessin sur lequel est inscrit “be scared or be square”, le re-produit en néon, l’accroche sur cette même cabane et se filme en tournant autour, en carré…
David Roth est né en 1985 en Autriche. Il vit et travail à Vienne (Autriche). Il sort diplomé de l’Académie des Beaux-Arts de Vienne en 2010. On a pu voir son travail lors de Vollbildmodus à Kunstpavillon Tiroler Künstlerschaft, Orgy Now à Ve.sch ou à la Galerie Gabriele Senn pour Window Shopping.
Kamen Stoyanov est né en 1977 à Rousse en Bulgarie. Il vit et travail à Vienne (Autriche). Il sort diplomé de l’Académie des Beaux-Arts de Vienne en 2005. Il a participé à des expositions à la Kunstlerhaus, au MUMOK de Vienne, ainsi qu’à la 17ème Biennale de Sydney et au Kunstverein de Salzburg. Il est représenté par la Galerie Enrico Astuni à Bologne.
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Une proposition de la manifestation
« L’Art contemporain et la Côte d’Azur – Un territoire pour l’expérimentation, 1951-2011″
Artistes :
Benjamin Blaquart, Jean-Baptiste Ganne, Sophie Graniou,
Chourouk Hriech, Benjamin Hugard, Nicolas H. Muller
Sur une proposition de Claire Migraine et Nicolas H. Muller
RELATIVES [‘sʌbstəns] – Acte 2 est le second volet d’une exposition qui a rassemblé 16 jeunes artistes en octobre 2010 à Nice, et s’inscrit dans un projet plus général consacré à la création in situ.
Dans le premier acte, les oeuvres, produites spécifiquement pour un espace au decorum suranné (la Villa Cameline), basculaient entre investissement de l’existant, adaptation, infiltration, dépassement, transformation et/ou confrontation. Il s’agissait de s’emparer du lieu de l’exposition, de son histoire, de son apparence, de son architecture et de son environnement.
A l’été 2011, l’association artmandat accueille le second acte du projet RELATIVES. Les curators de l’exposition invitent de jeunes artistes de la Côte d’Azur à travailler avec la matière-même de l’espace d’exposition.
A Barjols, dans une ancienne tannerie réhabilitée et dédiée aux projets artistiques et culturels, les artistes confronteront leur travail à un nouveau contexte, avec ses contraintes techniques et visuelles propres. Les spécificités architecturales du lieu constituent un défi original, puisque l’espace d’exposition est notamment composé de 3 grottes troglodytiques.
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Une proposition en off de la manifestation
« L’Art contemporain et la Côte d’Azur – Un territoire pour l’expérimentation, 1951-2011″
Artistes :
Guillaume Alimoussa, Jérôme Allavena, David Ancelin, Garance Arcadias, Béatrice Bailet, Jean-Pierre Bertrand, Zoé Bornot, Julien Bouillon, Anna Byskov & Aurélie Menaldo, Nicolas Clair, Jean-Baptiste Ganne, Sophie Graniou, Jérôme Grivel, Yasmina Hatem, Julien Lam, Louis Lavedan, Sandra Lorenzi, Zora Mann, Jeanne Moynot, Nicolas h. Muller, Emmanuelle Nègre, Vivien Roubaud, Justin Sanchez, Ludovic Sauvage, Mathieu Schmitt…
Une proposition de Claire Migraine et Nicolas h. Muller,
accompagnés de Charlotte Masse
Pôle un – Conquête
Pôle deux – Bannit la paix
Pôle trois – Amène la pénurie
Pôle quatre – Accompagnés de la mort
Les Quatre Cavaliers (2011 – 2071) est un projet multipolaire d’exposition présentant un panel de la jeune création contemporaine sur la Côte d’Azur.
Cet événement détourne avec humour et ironie la valeur prophétique des 4 Cavaliers de l’Apocalypse. Leur chevauchée n’inaugure plus ici la Fin du monde, mais bien le Commencement d’une nouvelle ère.
Les Quatre Cavaliers ne sont pas une rétrospective de ce qu’a été l’art de la Côte d’Azur. Ils présentent ce qui vient et offrent la liberté de montrer les recherches d’une vingtaine de jeunes artistes voire encore étudiants. C’est un regard vers l’horizon : « hier c’était (sans doute) bien, mais que sera demain » ?
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Artistes :
Guillaume Alimoussa, Jérôme Allavena, Matthieu Clainchard, Régis Fabre, Pierre Fisher, Louis Lavedan
Une proposition de Nicolas Muller
«Une vision classique de l’espace se présente comme une grille plate, statique et immuable. Pourtant, quand Albert Einstein étudie la structure de l’univers, ses conclusions sont toutes autres, il affirme que l’espace n’est pas statique, qu’il peut se tordre et s’étirer. Il peut même y avoir des structures spatiales inhabituelles appelées trou de ver. Un trou de ver est un pont, ou tunnel, entre deux régions éloignées de l’espace, une sorte de raccourci cosmique.»
Brian Green (Les onze dimensions de l’univers)
«J’ai détruit l’anneau de l’horizon et suis sorti du cercle des choses, à partir de l’anneau de l’horizon dans lequel sont inclus le peintre et les formes de la nature. Certains peintres sont allés vers l’entrelacement des routes du ciel et de la terre. Si tous avaient vu le carrefour de ces routes célestes, s’ils avaient embrassé cette trajectoire monstrueuse et les entrelacements de nos corps avec les nuées du ciel, ils n’auraient pas alors peint des chrysanthèmes.»
Kasimir Malevitch (Du cubisme et du futurisme au suprématisme. Le nouveau réalisme pictural)
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Artistes :
Jérôme Allavena, Jean-Pierre Bertrand, Maxime Bondu, Jennifer Caubet, Jean Denant, Régis Fabre, Pierre Fisher, Loup Gangloff, Yasmina Hatem, Stéphanie Lagarde, Nicolas H. Muller, Emmanuelle Nègre, Simon Nicaise, David Renault, Mathieu Tremblin, Thomas Tronel-Gauthier
Sur une proposition de Claire Migraine et Nicolas H. Muller
De cette Villa Cameline, personne ne connaît réellement l’histoire. Maison érigée à la demande d’un pâtissier niçois, maison close pendant la Seconde Guerre Mondiale, cimetière pour les vieux chats du voisinage, l’usage du lieu a évolué en fonction de ses occupants, et les bribes qui nous en parviennent ont traversé le filtre des âges, déformés par la rumeur de la ville.
Ce qu’il en reste, c’est une coquille vide parsemée de fioritures, caractérisée par le style ornemental typique des demeures niçoises du début du siècle dernier, une Maison Abandonnée qui livre murs tagués et moulures défraichies à l’expérimentation.
En septembre 2010, seize jeunes artistes sensibles aux projets in situ, prêts à réagir au contexte et à s’approprier l’espace et ses formes, séjournent quelques jours dans la Villa. Ce court temps de résidence donne lieu à l’exposition Relatives (du 1er au 17 octobre 2010), qui présente les œuvres réalisées par le cercle d’artistes invités à dialoguer avec le decorum de la maison.
En transposant la notion de decorum dans le champ de la création contemporaine, nous voulions interroger la place singulière laissée à des œuvres dans un environnement aussi maniéré que la Villa Cameline, qui impose une charge d’autorité par sa seule architecture. Dans quelle mesure ce lieu, en informant les pièces, les départ-il de leur liberté d’existence propre ? Quelle stratégie adopter pour investir cet endroit ? Les conditions spécifiques d’émergence des œuvres préfigurent à la production de projets conçus et réalisés en écho au lieu et à son faste d’antan. L’enjeu est de taille, puisqu’il s’agit tout à la fois de « réagir à » tout en « existant sans ».
S’emparer du lieu, de son histoire, de son apparence, de son architecture et de son environnement est l’un des axes de recherche complémentaire proposé aux artistes. Penser le glissement de sens de la notion de decorum, de « règles de la bienséance » à l’emploi impropre d’ « apparence pompeuse », est au cœur de l’appréhension du site et de ses qualités. Concevoir et anticiper les œuvres en lien avec le decorum suranné du lieu revient à créer dans la perspective d’un investissement de l’existant, entre adaptation, infiltration, dépassement, transformation et/ou confrontation.





