Fleeting Memories – One moment forever, Leerstand Gallery, Vienne, Autriche

Dans le premier chapitre de Fleeting Memories, Nicolas H. Muller convie le spectateur à une expérience de résonance et de suspension. Ses miroirs anciens, gravés au laser, deviennent des surfaces incertaines : à la faveur du regard et de la lumière, surgissent des fragments d’iconographies oubliées, des signes troublés, des images en latence. Ici, tout semble en attente – apparition, effacement, persistance : la mémoire flotte, l’histoire affleure, mais rien n’est jamais fixé.

Chaque œuvre ouvre un espace où la perception vacille : le visible côtoie l’invisible, la trace se confond avec l’oubli, et le spectateur s’éprouve dans l’intervalle ténu entre ce qui advient et ce qui se retire. Les reliefs en céramique, échos de cette incertitude, prolongent ce jeu d’émergence et de disparition : le geste de l’artiste y laisse des empreintes fragiles, des souvenirs de formes, des indices fugitifs.

Dans ce paysage de signes suspendus, Fleeting Memories explore la construction toujours mouvante de la mémoire : rien n’est encore heurté, tout est possible, tout demeure offert à la transformation.