Un siècle de peinture Allemande français

Propos sur Un siècle de peinture Allemande

L’art appelle l’art.
Un siècle de peinture Allemande se dévoile comme la narration d’une histoire dans une histoire,
une perspective qui porte une attention particulière sur les différents niveaux propres au travail,
nous montrant quelque chose que le temps et le hasard ont décidé d’omettre.
Nicolas H Muller crée une connexion directe avec un passé qui mérite de résister. Il met en lumière quelque chose qui était destiné à se perdre. Il prend en charge volontairement un geste noble, artistique.
En grattant et en retirant du sol des restes de peinture et d’autres matériaux stratifiés par le temps, les détails obtiennent un nouveau sens à partir d’éléments laissés pour compte et deviennent partie intégrante d’un système, d’une nouvelle existence.

Grâce à un travail manuel de prélèvement presque archéologique, il a pris, documenté et analysé
un siècle de témoignages que, avant lui, des centaines d’artistes (plus ou moins connus) ont produit à l’Institut Allemand la Villa Romana, à Florence.
Avec juste une œuvre il nous propose une rétrospective, sans exalter un certain talent artistique
intrinsèque, mais en laissant sortir ce qui est caché et n’a jamais attirer notre attention.
Et c’est exactement l’une des caractéristiques de l’œuvre de Nicolas : être attiré par l’inconnu,
le non-dit. Historique, poétique et ironique, son approche découle, bien sûr, des lieux avec lesquels il se confronte constamment.

Tout à coup, le travail manuel devient le concept. C’est une vision romantique que, probablement, nous ne sommes pas en mesure de voir rapidement comme quelque chose pour lequel nous serions attentif.
Mais il doit être montré. Il fait ici un service social, un service collectif, mais toujours avec une signification personnelle et privée.
Chaque pigment appliqué sur la toile, qui provient d’une histoire personnelle, devient partie
intégrante d’une nouvelle narration, plus générale et devient notre histoire. Il n’y a pas de gros plans, de nuances ou de dégradés subtils car tous les éléments méritent
une considération égale, et tous ont même rôle; une sorte de socialisme artistique (qui est révélé
dans chaque étape du travail, de l’idée première à la production finale), une Justice instinctive
des mérites que l’artiste a comme un idéal.

Ce que le public voit est une image statement, le résumé visuel de l’histoire de l’art de la Villa Romana.
Dans une peinture monochrome est expliqué tout ce qui, avec des mots, s’étalerait sur des centaines de pages. Le récit de ce travail n’est pas encore achevé et restera comme ça pendant longtemps.
Parce que le travail est inextricablement liée à son lieu d’origine, le sol qui, déshabillé de son histoire, est prêt à faire partie d’un nouveau cycle d’histoire.

Annapaola Presta